Brian Porter - 4 avril 2017

Allocution de Brian Porter, président et chef de la direction, prononcée lors de l’assemblée annuelle des actionnaires de la Banque Scotia.

La 185e assemblée annuelle des actionnaires

Toronto, Ontario

Le 4 avril 2017

Merci Tom. Bonjour à tous et merci d’être ici.

Je suis ravi de vous accueillir au Scotiabank Centre à l’occasion de notre 185e assemblée générale annuelle.

La vidéo que vous venez de voir illustre notre vision de l’avenir, et nous en sommes plutôt fiers.

Permettez-moi d’abord de présenter les résultats de la Banque en 2016. En général, la performance économique s’est améliorée sur nos marchés principaux ces 12 derniers mois, ce qui a stimulé la confiance des consommateurs et des entreprises.

Dans ce contexte, la Banque a déclaré un très bon bénéfice de 7,4 milliards de dollars en 2016.

Nous avons connu des résultats particulièrement solides dans nos activités touchant les services aux particuliers et aux entreprises, qui génèrent environ 80 % du bénéfice de la Banque.

Le Réseau canadien a enregistré la plus forte croissance du bénéfice, pour une deuxième année de suite.

Les Opérations internationales ont affiché un bénéfice record, attribuable à la solide croissance dans nos marchés clés de l’Alliance du Pacifique, soit le Mexique, le Pérou, le Chili et la Colombie.

Ces marchés sont au cœur de notre stratégie internationale, et nous sommes très confiants quant au potentiel qu’offre cette région. Enfin, nos activités des Services bancaires et marchés mondiaux ont poursuivi sur la lancée de bons résultats.

Nos résultats en 2016 témoignent des efforts déployés par tous les employés de la Banque Scotia à l’échelle de l’organisation. Ce qui permet d’offrir une expérience client de classe supérieure. Les BanquiersScotia sont aussi des membres engagés dans les collectivités où ils vivent et travaillent.

En fait, l’année dernière, les BanquiersScotia ont consacré plus de 400 000 heures de bénévolat à des causes locales.

Comme certains d’entre vous le savent, le Pérou et la Colombie ont subi très récemment des inondations dévastatrices. Je me fais le porte-parole de tous les BanquiersScotia en disant que nos pensées accompagnent les victimes et les premiers répondants éprouvés par les conditions pénibles.

Nous célébrons cette année le 185e anniversaire de la Banque Scotia qui coïncide avec le 150e anniversaire du Canada.

Depuis sa fondation en 1832, la Banque a eu le privilège de servir les clients pendant les moments marquants du Canada, notamment, la Confédération, les deux guerres mondiales, la Grande dépression et, plus récemment, la crise financière mondiale.

Malgré les hauts et les bas, nous nous sommes toujours mis au service de l’économie réelle.

Je donne ces exemples parce qu’ils illustrent la capacité de la Banque à garder le cap autant dans les périodes de prospérité que dans les périodes d’incertitude et de changement.

Nous entamons une nouvelle ère de transformation importante, marquée par l’évolution rapide de la technologie.

L’ère numérique donne naissance à des occasions sans précédent pour les consommateurs et les entreprises.

Dans ce contexte, j’aimerais vous présenter aujourd’hui le point de vue de la Banque sur deux sujets. D’abord, le commerce mondial et ensuite, le rôle que joue la Banque dans l’économie numérique.

À titre de banque internationale du Canada, nous avons toujours été d’ardents défenseurs de la libre circulation des biens et services. Après tout, les multiples accords commerciaux ont eu des retombées avantageuses pour les Canadiens : stimulation de la croissance économique, création d’emplois et augmentation du niveau de vie.

De fait, le Canada tire bien son épingle du jeu parce qu’il a un accès privilégié à certains des plus grands marchés. Cela dit, nous voyons dans certains pays des mouvements politiques qui remettent en question l’idée de longue date selon laquelle le libre-échange est un élément déterminant de prospérité économique.

C’est ce qui se passe présentement avec l’Accord de libre-échange nord-américain. Depuis l’entrée en vigueur de l’ALÉNA en 1994, la valeur des biens qui ont circulé sur le continent a triplé, et des millions d’emplois ont été créés.

Mais certains se demandent si l’ALÉNA sert réellement les intérêts des travailleurs aux États-Unis.

Comme l’ALÉNA est nettement avantageux pour ses trois membres d’un point de vue économique, la Banque Scotia appuie sans réserve la libre circulation des biens et services dans l’ensemble du territoire nord-américain.

Ceci dit, j’aimerais vous faire part de quelques réflexions. Lorsque le moment viendra de renégocier les dispositions de l’accord, un dialogue public positif devra avoir lieu sur les avantages du libre-échange. Les leaders du monde politique et du milieu des affaires devront aborder les préoccupations des citoyens qui estiment que l’ouverture des marchés a mis en péril leurs moyens de subsistance. Je pense ici à des programmes de recyclage professionnel pour les travailleurs déplacés qui veulent participer à la nouvelle économie.

En ce qui concerne l’ALÉNA plus précisément, nous convenons qu’il serait temps de revoir certaines dispositions. L’accord serait ainsi mieux adapté aux réalités d’aujourd’hui. Par exemple, des dispositions régissant les services, le commerce électronique et la protection de la propriété intellectuelle pourraient y être ajoutées.

Enfin, les parties prenantes doivent avoir une vision à long terme. La Banque Scotia étant active à l’international depuis 125 ans, elle a appris à ne pas s’inquiéter outre mesure des nouvelles qui font la manchette. Nous choisissons plutôt de nous concentrer sur les possibilités de croissance à long terme dans nos principaux marchés.

C’est le cas au Mexique où, par exemple, les nombreuses réformes politiques et une solide gestion macroéconomique ont permis au pays de connaître la croissance. Et comme la classe moyenne du Mexique est relativement jeune et en pleine expansion, c’est un pays très attirant pour investir. Voilà pourquoi nous demeurons optimistes quant aux perspectives économiques du Mexique à court terme, mais tout particulièrement à plus long terme.

Nous restons également persuadés que l’ouverture des marchés demeure la voie la plus sûre pour une plus grande prospérité.

Je l’ai mentionné plus tôt, la technologie numérique transforme l’économie de tous les pays du monde à un rythme accéléré. Et le Canada a un potentiel immense pour jouer un rôle déterminant dans le développement de l’économie numérique mondiale.

J’aimerais profiter de l’occasion pour faire le point sur la transformation numérique de la Banque. À la dernière assemblée annuelle, j’avais expliqué comment la technologie transformait rapidement le secteur des services financiers. Depuis, la transformation numérique de la Banque s’est accélérée et est devenue un catalyseur puissant de la stratégie globale de la Banque.

Notre stratégie est ambitieuse : Nous souhaitons devenir un leader du numérique dans le secteur des services financiers.

Pour atteindre ce but, nous avons établi plusieurs objectifs à moyen terme mesurables. Voici deux exemples. D’abord, nous voulons offrir à nos clients la meilleure expérience bancaire qui soit dans nos cinq principaux marchés, c’est-à-dire ici au Canada, au Mexique, au Chili, au Pérou et en Colombie. Cela se traduira par l’offre de conseils avisés ainsi que par la convivialité des produits et des services qu’ils recommanderaient à leurs amis et à leur famille.

Ensuite, 80 pour cent de notre clientèle fait déjà certaines opérations bancaires par les canaux mobiles et numériques. En continuant d’accroître notre capacité numérique, nous prévoyons que ce nombre atteindra 90 pour cent au cours des prochaines années. Toutes nos démarches pour nous rapprocher de ces objectifs seront avantageuses à la fois pour nos clients, nos employés et nos actionnaires.

Même si nous mettons l’accent sur notre propre transformation numérique, nous sommes bien au fait que les nouvelles technologies et capacités transforment tous les secteurs d’activité.

De nombreux pays se préparent à saisir les occasions d’affaires que génère le numérique et le Canada se doit d’être un chef de file dans ce secteur.

Navdeep Bains, ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique du Canada, parle à juste titre de ce phénomène comme d’une « course mondiale à l’innovation ». La bonne nouvelle, c’est que le Canada est prêt pour un départ en force.

Nos gouvernements jouent un rôle important dans le développement de l’économie numérique en faisant des investissements ciblés dans les domaines de l’éducation, de l’infrastructure économique et de la cybersécurité.

Par exemple, le gouvernement fédéral a récemment annoncé un investissement de 125 millions de dollars dans des instituts de recherche en intelligence artificielle de Montréal, de Toronto et d’Edmonton.

Toutefois, dans cette course à l’innovation, nous invitons les gouvernements à faire davantage au moyen de taux d’imposition concurrentiels, de cadres réglementaires qui s’adaptent à l’évolution technologique, et de conditions propices pour attirer et garder le talent au Canada.

Au bout du compte, l’innovation triomphe lorsque le secteur privé favorise les investissements dans le personnel, les méthodes et la technologie. Permettez que je vous donne deux exemples de la façon dont la Banque Scotia innove :

Le PREMIER exemple se trouve tout près d’ici, au cœur du centre-ville de Toronto. Nous l’appelons l’Usine numérique de la Banque Scotia. D’une superficie de 70 000 pieds carrés, notre Usine numérique est le plus grand pôle d’innovation du genre au Canada.

Non seulement l’Usine offre des possibilités de carrière à des centaines de Canadiens passionnés des technologies mais elle contribue également à l’innovation canadienne grâce aux partenariats établis avec des entreprises de technologie financière des quatre coins du monde. Outre notre usine située ici, à Toronto, la Banque a également ouvert des usines numériques à Mexico, à Lima, à Santiago et à Bogota.

Les investissements de la Banque dans la formation et des programmes d’études axées sur les compétences témoignent encore une fois de notre contribution à l’économie numérique du Canada. Depuis un an, la Banque a créé de nombreux partenariats avec des universités et des organisations canadiennes reconnues dans le secteur numérique.

Tout récemment, nous avons annoncé un partenariat avec l’Université de la Colombie-Britannique axé sur la cybersécurité.

Nous prônons le développement de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage-machine, qui transforment notre secteur d’activité et bien d’autres. En un mot, l’intelligence artificielle exploite la puissance des algorithmes pour reproduire le comportement humain intelligent.

Déjà, les technologies de l’intelligence artificielle nous facilitent la vie. Prenons par exemple la plateforme Netflix, qui nous propose des séries susceptibles de nous plaire ou l’assistant personnel d’Amazon, Alexa, qui peut nous aider à accomplir une foule de choses.

L’intelligence artificielle influencera de plus en plus notre quotidien y compris la manière dont nous effectuons nos opérations bancaires. Ces dernières semaines, nous avons annoncé des investissements dans deux initiatives importantes du domaine de l’intelligence artificielle NextAI et le Vector Institute.

Dans chacune de ces initiatives, le gouvernement, le milieu universitaire ET les grandes entreprises concertent leurs efforts pour faire progresser l’intelligence artificielle au Canada. Et en même temps, nos investissements aident de jeunes entrepreneurs à concevoir et à commercialiser des solutions numériques.

Le programme Creative Destruction Lab de l’Université de Toronto est un bon exemple des investissements que nous avons réalisés. De renommée mondiale, ce laboratoire est un incubateur d’entreprises en démarrage parmi les plus prometteuses du Canada en intelligence artificielle.

Le Canada a une occasion unique de développer un écosystème d’intelligence artificielle de calibre mondial, mais beaucoup de travail reste à faire. La Banque Scotia continuera à faire tout ce qu’elle peut pour aider le Canada à devenir un chef de file de l’économie numérique.

Par exemple, nous sommes déterminés à établir encore plus de partenariats numériques, qui sont importants parce qu’ils ont des retombées positives pour les futurs entrepreneurs du Canada, pour les entreprises canadiennes, dont la Banque Scotia, et pour l’économie canadienne.

Maintenant, j’aimerais terminer avec ceci. À l’heure où nous célébrons notre 185e anniversaire, nous nous comptons chanceux d’être l’une des plus anciennes entreprises toujours en exploitation du Canada. De fait, notre existence remonte plus loin que celle du Canada en tant que pays.

Des jalons importants comme celui-ci portent à réfléchir. Au début de l’année, j’ai décidé de relire ce livre qui a été rédigé il y a 85 ans alors que la Banque soulignait son 100e anniversaire!

En le feuilletant, je suis tombé sur ce passage d’Hector McInnes. Je le cite : « La croissance de la Banque n’aura pas été possible sans sa force de caractère, sa mission franche, son courage et sa sagesse.»

Ces mots sont toujours pertinents aujourd’hui. Les BanquiersScotia sont très fiers de cet héritage. Nous savons tous qu’il repose sur une longue tradition d’intégrité et d’efforts pour aider les clients à améliorer leur situation. Nous ne tenons jamais pour acquis la confiance des clients.

Alors que nous cherchons à bâtir une banque encore meilleure, nous veillerons à ce que nos politiques et pratiques demeurent conformes aux normes rigoureuses auxquelles s’attendent les clients. Je tiens à remercier tous les BanquiersScotia partout dans le monde de leur excellent travail et de leur engagement envers la Banque.

Je suis privilégié de diriger notre équipe chaque jour.

Merci.