Emma Connell, enseignante de formation, a accepté un emploi comme guide chez Outward Bound Canada avant que la COVID-19 n’entraîne des fermetures et la force à retourner en Nouvelle-Écosse près de sa famille. Alors que l’été approchait et qu’il n’y avait toujours aucun signe de retour au travail, elle a décidé de se lancer dans une idée qu’elle caressait depuis un moment : enseigner dans le Nord. «En trois semaines, j’avais accepté un poste dans une école primaire, fait mes valises et déménagé», raconte Mme Connell.

Elle est arrivée à Kugaaruk, au Nunavut, en août pour enseigner une classe de sixième année. Passionnée de sport, elle est devenue coach bénévole de volleyball et, comme elle avait joué au soccer de compétition durant sa jeunesse, elle s’est inscrite au stade pour faire partie de l’équipe mixte.

«Quand je me suis installée ici, je ne pensais pas créer une ligue de hockey féminin», dit-elle. Mais avec l’arrivée de l’hiver et la fin de la saison des tournois de soccer, Connell s’est tournée vers son deuxième sport favori et a demandé à se joindre à une équipe féminine. C’est alors qu’elle s’est rendu compte qu’il n’y avait pas d’équipement pour les femmes et que celles-ci manquaient de temps, car elles devaient s’occuper de leurs enfants.

Mme Connell s’est dit qu’elle pouvait essayer d’éliminer un de ces obstacles. Après quelques recherches en ligne, elle a découvert l’organisme Project North à qui elle a demandé quelques patins et casques d'occasion, «un équipement de base» qui permettrait aux filles et aux femmes de patiner.

«C’était une perspective intéressante», déclare Jeff Turner, vice-président de Project North, un organisme à but non lucratif fondé par M. Turner et Michelle Valberg, explorateurs et photographes de la faune de renommée mondiale. L’organisme a pour mission d’améliorer la vie des enfants du Nord. M. Turner estime qu’à ce jour, du nouveau matériel d’une valeur de 1,3 million de dollars a été expédié aux communautés du Nord. Avec l’aide de la Banque Scotia et de la Ligue nationale de hockeyMD (LNH) des voyages ont également été organisés avec la Coupe StanleyMD à travers Arctique, de Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest, à Kangiqsualujjuaq, au Nunavik dans le nord du Québec et sur toute l'île de Baffin, pour inspirer les jeunes à réaliser leurs rêves.

Project North et ses partenaires, la Banque Scotia et Canadian North Airlines, ont déclaré cette année qu’ils s’engageaient à faire du hockey un sport accueillant et accessible pour tous les joueurs, quels que soient leur race, leur religion, leur genre, leurs capacités ou leur orientation sexuelle. La demande Mme Connell était donc inattendue, et c’était la première fois que de l’équipement était fourni à une équipe entièrement féminine.

«Nous sommes fiers de notre relation de longue date avec Project North et de ses efforts pour soutenir les communautés de l’Inuit Nunangat (patrie des Inuits)», déclare Laura Curtis Ferrera, directrice du marketing de la Banque Scotia. «Nous sommes déterminés à offrir aux enfants de tous les horizons l’occasion de pratiquer ce sport que nous aimons tous. Nous espérons que des dons d’équipement de hockey comme ceux‑ci pourront inspirer des jeunes de divers milieux à explorer tous les avantages du hockey».

En décembre dernier, le projet a permis l’envoi d’un total de 75 ensembles complets d’équipement du Club de hockey de la Banque Scotia et de CCM (patins, protections, casques, protège-dents, rubans et lacets) à trois communautés. Parmi ces ensembles, 50 ont été envoyés à des équipes de hockey mineur proposées par le transporteur aérien à Inuvik dans les Territoires du Nord-Ouest, et à Qikiqtarjua, une municipalité de Baffin au Nunavut. Les 25 autres ensembles ont été distribués à Kugaaruk.

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Quand je me suis installée ici, je ne pensais pas de créer une ligue de hockey féminin.

— Emma Connell, enseignante en sixième année à Kugaaruk

Au cours des dernières années, la Coupe StanleyMD s’est rendue dans les communautés bénéficiaires avec une équipe de la Banque Scotia, de la LNH et de Project North. Cette année, malgré les restrictions mises en place en raison de la COVID-19, il semblait encore plus important de livrer l’équipement aux communautés afin d’assurer une expérience positive. En novembre, le Nunavut est entré dans un confinement de deux semaines qui a été levé juste au moment de la fermeture des écoles pour la période des Fêtes.

M. Turner a vu la joie et la reconnaissance des enfants et des parents qui n’avaient pas les moyens d’acheter ou de trouver l’équipement nécessaire. Il sait aussi que le hockey peut motiver une communauté. En citant les écoles qui font un lien entre le hockey avec la fréquentation scolaire, M. Turner déclare : «Nous pouvons être assez certains qu’au fil du temps, nous avons aidé les jeunes».

À Kugaaruk – une petite communauté située entre les montagnes côtières et Pelly Bay, accessible uniquement par avion ou par bateau – le hockey fait toute une différence pour les filles et les jeunes femmes. Les femmes de la communauté qui faisaient partie de l’équipe féminine compétitive dans les années 1990 étaient heureuses de voir que les filles avaient l’occasion de jouer, raconte Mme Connell.

Elle ajoute que l’un des grands moments pour ces filles a été lorsque Nathalie Spooner a présenté ses médailles d’or et d’argent olympiques pour le hockey féminin lors d’une discussion virtuelle avec les nouvelles équipes. «C’était vraiment génial».

«On ne sait jamais à quel point le fait de voir une médaille olympique peut nous toucher», déclare Mme Spooner qui à l’âge de 11 ans s’est fait photographier avec la quadruple médaillée Jennifer Botterill, une attaquante de l’équipe olympique canadienne de hockey féminin. Elle espère être sur la glace avec l’équipe canadienne lors du mondial féminin 2021 de l’IIHF.

Mme Spooner, qui a participé à plusieurs fêtes du hockey féminin de la Banque Scotia, a été invitée à se rendre dans le Nord avec la Banque en 2017. Cette année, elle a été déçue de ne pas avoir eu un premier contact en personne avec une équipe entièrement féminine, mais la réaction à mes médailles est une bonne consolation pour l’instant. 

«Tout comme ces petits garçons que j’ai vus en 2017, qui rêvaient d’aller dans le Nord jouer dans la LNH et qui étaient heureux de voir la Coupe Stanley, j’espère voir une femme du Nord jouer au hockey international», ajoute Mme Spooner.