Deux équipes du Canada et une du Brésil ont été choisies comme finalistes du Défi Respirateur Code Vie, qui demandait à des équipes de conception de partout dans le monde de créer un respirateur peu coûteux, simple et facile à assembler pour aider les patients atteints de la COVID-19. Les trois équipes ont été choisies parmi plus de 1 000 candidats de 94 pays.
Les prototypes de respirateur des équipes montréalaises Haply et Lung Carburetor et de l’équipe brésilienne IFPR Brésil ont été sélectionnés parmi neuf demi-finalistes du concours, qui a été lancé le 19 mars dernier par la Fondation de l’Hôpital général de Montréal et par l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill.
Le défi, qui a pour commanditaires Or la Banque Scotia, Gestion financière MD et l’Association médicale Canadienne, a donné deux semaines aux équipes pour créer un prototype de respirateur simple qui peut être déployé rapidement pour combler la demande mondiale croissante. Pendant trois semaines, les prototypes des demi-finalistes ont été soumis à de nombreuses rondes de tests et d’évaluation par des médecins en soins intensifs, des inhalothérapeutes, des ingénieurs mécaniques et des experts en appareils médicaux.
Reza Farivar, Ph. D., organisateur du Défi Respirateur Code Vie, a souligné que les candidats et les demi-finalistes ont tous mené un combat impressionnant, vu les pénuries de matériel et de pièces et les délais de livraison allongés depuis le début de la pandémie.
« On constate tous le plus grand atout de l’humanité : notre résilience devant l’adversité et notre capacité à innover, a-t-il dit mercredi pendant une webdiffusion où il a annoncé les finalistes. Avant aujourd’hui, nous n’avions jamais eu à innover à si grande échelle et en si peu de temps. Merci aux candidats d’avoir relevé le défi et de tous nous inspirer par leur dynamisme. »
Les trois finalistes recevront 200 000 $, 100 000 $ et 50 000 $ respectivement pour leur concept, et les plans de leurs respirateurs seront distribués partout dans le monde pour lutter contre le nouveau coronavirus. Les prix seront attribués selon l’utilisation et la production des respirateurs dans les six prochains mois, jusqu’au 1er octobre. Dans les prochaines semaines, les concepts des trois finalistes et les guides de fabrication seront mis en ligne gratuitement pour les fabricants qualifiés, afin de produire le plus de respirateurs possible et d’aider les patients atteints de la COVID-19.
Alex Besharat, vice-président à la direction, Gestion de patrimoine – Canada à la Banque Scotia, mentionne que la réponse mondiale à ce défi en dit long sur notre esprit d’entraide en période difficile.
« Nous sommes déterminés à soutenir les professionnels de la santé et à faire avancer les soins de santé au Canada, et nous avons le plaisir de pouvoir apporter notre contribution dans la situation actuelle. Le nombre incroyable de participants de tous les horizons montre aussi l’ampleur de l’initiative de la Fondation de l’Hôpital général de Montréal et de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill. »
La Banque Scotia et l’AMC, en collaboration avec Gestion financière MD, ont donné 200 000 $ au défi international.
Les respirateurs – utilisés pour aider les patients atteints de la COVID-19 à respirer lorsque le virus s’attaque aux voies respiratoires basses et que l’inflammation et l’accumulation de liquide rendent la respiration difficile – devaient aussi intégrer différentes fonctions, mentionne Patricia McClurg, coordonnatrice du programme en Techniques d’inhalothérapie (Respiratory & Anesthesia technology) au Collège Vanier.
Il fallait en effet donner aux médecins la capacité de modifier différents paramètres et d’utiliser l’appareil pendant plusieurs heures, et intégrer un système de sécurité qui alerterait les médecins en cas de problème.
« Les respirateurs artificiels sont essentiellement des appareils qui poussent de l’air dans les poumons des patients et qui le laissent s’échapper de manière passive. C’est assez simple, vous direz? Ça ne pourrait pas être plus faux! », explique Mme McClurg.
Le prototype d’IFPR Brésil a été conçu par une équipe du Paraná au Brésil et utilise des techniques d’ingénierie modernes et des composantes mécaniques et électroniques sophistiquées.
Celui de Lung Carburetor a été créé par une équipe de concepteurs d’appareils médicaux chevronnés de Montréal et de Havre-Saint-Pierre, au Canada.
Haply, une entreprise de robotique de Montréal, a collaboré avec des physiciens et des ingénieurs de Montréal, de London (Ontario) et du Texas.
Pendant la webdiffusion, le cofondateur de Haply, Collin Gallacher, a dit que la conception du prototype a demandé beaucoup de travail à la petite entreprise.
« Il y avait beaucoup d’incertitude dans ce défi. On ne savait pas trop où on s’en allait, donc on ne voulait pas mettre trop de ressources dans un projet qui ne serait peut-être pas rentable. Ce prix vient valider le projet pour nous et justifie tout le travail que nous y avons mis. »
M. Farivar a aussi annoncé un autre défi en demandant aux dessinateurs industriels, aux ingénieurs et à d’autres experts de prendre les concepts des finalistes et de les produire pour moins de 1 000 dollars canadiens tout en respectant les exigences réglementaires.
« Si nous voulons aider les pays moins nantis à vaincre cette crise et à répondre aux futurs besoins en santé, nous devons réduire de manière importante le coût de production des respirateurs. »
Il a ajouté que ce défi sera commandité par le McGill Engine.
« Nous sommes tous dans la même situation. Les équipes participantes qui ont des membres dans plusieurs sites et même dans plusieurs pays s’unissent pour ce défi. Les organisateurs et les experts travaillent tous à distance pour rendre cet événement possible, et les commanditaires et partenaires agissent courageusement pour financer l’initiative. C’est par cette collaboration que nous pouvons trouver la force d’innover pour nous sortir de cette crise. »