Nous demandons aux Canadiens à la tête de petites entreprises, partout au pays, quels conseils ils donneraient à d’autres propriétaires de petites entreprises.

En tête-à-tête avec Marc Rodrigue

Marc Rodrigue est le président et le cofondateur de Borealis Fresh Farms, une ferme hydroponique qui fournit la région de Timmins en Ontario en légumes verts frais comme le chou kale et le bok choy durant toute l’année. M. Rodrigue et son partenaire d’affaires Alex Cochrane ont lancé leur entreprise pour répondre à l’insécurité alimentaire dans le Nord ontarien en produisant localement des légumes verts. Leurs activités se sont considérablement étendues depuis leurs débuts en 2018. La production de la ferme a récemment doublé et s’est tournée vers la culture de nouveaux produits comme celle des micropousses et des laitues.

Toutes les petites entreprises cherchent à accroître leurs activités, mais cette croissance peut être ardue et risquée. Pour Marc Rodrigue, la croissance de Borealis Fresh Farms s’explique en partie par sa réceptivité aux commentaires de sa clientèle et son engagement à s’adapter à ceux-ci. Pour valider les correctifs à apporter, M. Rodrigue et son partenaire ont également misé sur une étude de marché exhaustive.

«Avant d’étendre vos activités, vous devez vous assurer que le marché est favorable à votre expansion, déclare Marc Rodrigue. Certaines statistiques peuvent vous fournir des renseignements pertinents à cet égard, mais, pour établir clairement les besoins de votre clientèle, rien ne vaut un entretien direct avec vos clients existants ou potentiels.»

Les statistiques ont malgré tout leur importance, surtout quand vient le temps de comprendre et d’améliorer certaines sphères d’activité d’une entreprise, dont la production. La ferme a notamment eu recours aux statistiques pour évaluer le rendement de chaque culture par rapport aux autres dans un horizon temporel et un environnement donnés afin de déterminer les variétés qui poussaient le mieux. M. Rodrigue et son partenaire d’affaires se sont aussi appuyés sur des données statistiques pour gérer optimalement le taux d’humidité, la température des bacs et la température ambiante de leurs fermes modulaires. Le réglage de ces variables leur a permis d’optimiser les conditions et, du même coup, le rendement de leurs cultures. Pour réaliser des gains d’efficience et de rendement, M. Rodrigue recommande aux propriétaires d’entreprise de mesurer régulièrement les statistiques pertinentes à leurs activités.

«Par la cueillette et l’usage de données statistiques, nous avons pu mettre en œuvre de nouveaux processus qui, à leur tour, nous ont permis d’accroître nos rendements et d’améliorer l’ensemble de nos opérations», confie Marc Rodrigue.

Étant donné le nombre élevé de variables ayant une incidence sur les rendements de culture de la ferme, des ajustements ont dû être apportés au fil du temps. «Il nous a fallu modifier considérablement nos processus pour maximiser le rendement de nos cultures tout en réduisant le gaspillage, explique Marc Rodrigue. Le recours à des statistiques probantes tout au long du processus nous a permis de déterminer avec précision la durée propice à la croissance des plantes et d’instaurer une organisation du travail plus efficiente.»

Marc Rodrigue et Alex Cochrane ont tiré des leçons de leurs mésaventures passées et s’y sont adaptés à mesure que leur entreprise étendait ses activités. Par exemple, après avoir décidé de cultiver des épinards, ils ont constaté que ces plants développaient rapidement de très longues tiges. Celles-ci prenaient énormément de place et rendaient le travail du personnel impossible dans cette section de la ferme. Depuis cet épisode, ils font beaucoup plus attention aux types de plants qu’ils tentent d’introduire dans l’environnement de la ferme.

Marc Rodrigue estime que les propriétaires d’entreprise devraient voir leurs premiers faux pas comme des occasions d’apprentissage.

«Nous ne regrettons aucune des décisions que nous avons prises en démarrant notre entreprise, ajoute-t-il. Pour nous, chacune de nos décisions, qu’elle ait été couronnée de succès ou non, nous a donné l’occasion d’apprendre et d’acquérir de l’expérience. Nous tirons continuellement des leçons de ce qui nous arrive pour nous améliorer, ce qui est à notre avis crucial pour toute entreprise en démarrage.»

S’il se passionne pour son entreprise et cherche constamment de nouvelles stratégies pour mieux la gérer, Marc Rodrigue est d’avis qu’être propriétaire d’une ferme ou d’une petite entreprise ne convient pas à tous : «Cela demande énormément de travail, vous devez vraiment aimer ce que vous faites.»

Marc Rodrigue constate qu’avec les longues heures qu’il a dû consacrer au succès de son entreprise, il n’a eu d’autre choix que de revoir sa définition d’équilibre de vie. Désormais, il profite du moment présent à la tête de l’entreprise et ne s’impose plus la pression de mener une vie équilibrée.

«Une fois que les choses sont en place et que l’entreprise a pris son élan, la gestion des activités devient plutôt agréable, mais il y a toujours du travail à accomplir et il faut garder de saines habitudes de travail», souligne-t-il.

Dans toute profession, il faut aimer ce que l’on fait pour ne pas avoir l’impression de travailler. Marc Rodrigue et Alex Cochrane tirent leur motivation de la mission qu’ils ont donnée à leur ferme, soit d’approvisionner toute l’année les collectivités du Nord ontarien en produits frais locaux, sans pesticides et herbicides.

«Nous voulions améliorer l’offre alimentaire dans notre région», résume Marc Rodrigue. Et le fait que ce dernier soit en train de réaliser cet objectif l’encourage à continuer à redoubler d’efforts pour l’avenir de son entreprise et de sa collectivité.

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